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Procès du Cuba Libre à Rouen: les parties civiles décrivent "l'enfer"

09/10/2020

 

"Des deux bougies d'anniversaire, on est passé aux flammes de l'enfer": vendredi à Rouen les avocats des parties civiles ont commencé à plaider, au cinquième jour du procès des deux ex-gérants du bar rouennais Cuba Libre, où 14 personnes ont péri dans un incendie en 2016.

 

PARU DANS LE POINT, le 13/09/2019

 

Les victimes fêtaient les vingt ans d'Ophélie dans le sous-sol de 24 m2 de ce bar aménagé sans autorisation en boîte de nuit, lorsque deux bougies du gâteau d'anniversaire, des fontaines à étincelles, ont enflammé le plafond de l'escalier.

 

"De la joie, on passe à l'horreur. Des deux bougies d'anniversaire, on est passé aux flammes de l'enfer", a lancé Renaud de Bezenac, avocat de la famille d'Ophélie, qui a succombé dans l'incendie.

 

Le tribunal juge depuis lundi Nacer et Amirouche Boutrif, deux frères de 40 et 48 ans, pour "avoir involontairement causé la mort" de 14 personnes, mortes asphyxiées, et en involontairement blessé cinq autres grièvement, dans l'incendie de leur établissement, dans la nuit du 5 au 6 août 2016.

 

Ils sont poursuivis pour de nombreux manquements à la sécurité, notamment pour avoir laissée verrouillée l'unique porte de secours du sous-sol, sous-sol dont les plafonds étaient recouverts de plaques de mousse en polyuréthane insonorisante, matière extrêmement inflammable.

 

"La famille est atterrée, elle ne comprendra jamais pourquoi cette porte était verrouillée. Les frères Boutrif ont verrouillé la porte de l'existence de ces quatorze jeunes", a plaidé Me de Bezenac, évoquant la douleur de la famille.

 

"Avec l'issue de secours fermée, c'était clairement un piège", a témoigné mardi Anthony Le Corre, un des pompiers entrés dans la cave du bar où les victimes ont été retrouvées.

 

"Autel mortifère"

 

Durant la semaine, le tribunal a entendu plusieurs témoignages, dont ceux des trois survivants présents dans le sous-sol ce soir-là.

 

"J'ai essayé d'éteindre le feu avec ma chemise (...) mais c'était impossible, déjà, la moitié de l'escalier était en feu. Tout le monde courait à l'intérieur, en bas, c'était la panique", a ainsi expliqué Gauthier, 20 ans au moment des faits.

 

"Dans ce dossier, on ne peut pas dire, c'est la faute à pas de chance. Ce n'est pas le hasard. Les 14 décès sont dus à une succession de fautes toutes aussi coupables les unes que les autres. Une accumulation de fautes comme cela, ça ne peut être que volontaire", a estimé vendredi Rose-Marie Capitaine, avocate des familles de Florian, Donatien et Mavrick, tous trois décédés dans l'incendie. "La porte de secours étaient systématiquement fermée. On a fait d'une cave de danse un autel mortifère", a-t-elle considéré.

 

Blandine Lejeune, avocate de la famille de Sarah, celle qui portait le gâteau avec les bougies, décédée aussi dans l'incendie, évoque "un foyer meurtri". "Cet incendie n'est pas un accident de la vie. Sarah a été arrachée à la vie dans des conditions abominables", a-t-elle dit.

 

Les deux frères, aux casiers judiciaires vierges, sont soupçonnés d'avoir commis une kyrielle de "violations manifestement délibérées d'une obligation de sécurité ou de prudence".

 

Ils encourent cinq ans d'emprisonnement et 76.500 euros d'amende. Le procès, qui a lieu au tribunal correctionnel, doit se terminer mardi.

 

 

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Blandine Lejeune

Avocate depuis 1987, Blandine LEJEUNE a acquis une solide experience dans la défense pénale des auteurs et victimes d’infractions.

Elle s’est très rapidement illustrée dans des dossiers sensibles et médiatiques tels que l’affaire Ida BEAUSSART dans laquelle elle a obtenu l’acquittement de cette jeune fille accusée du meutre de son père néonazi ; l’affaire d’Outreau ; l’affaire des frères JOURDAIN dans laquelle elle a assisté les quatre familles endeuillées suite au meurtre de leurs filles ; l’affaire dite du THEATRO ; l’affaire du BATACLAN dans laquelle elle assiste de nombreuses victimes ; …

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Il assiste aux côtés de Maître Blandine LEJEUNE les auteurs ou les victimes d’infractions devant les juridictions pénales et principalement devant les cours d’assises.

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Adèle CARRÉ est titulaire d’un Master II Études Pénales et Criminelles et d’un Certificat d’études pénales et criminelles de l’Institut de Criminologie de Lille.

 

Elle intervient principalement en droit pénal, droit de la famille, et dans les litiges relatifs aux préjudices corporels.

 

Elle assiste les auteurs et victimes d’infractions à tous les stades de la procédure pénale, de l’audition libre ou de la garde à vue jusqu’aux juridictions de jugement.

 

Elle assiste aux côtés de Maître Blandine LEJEUNE les victimes du début à la fin du processus d’indemnisation, les préparant et les accompagnant notamment aux expertises.

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