Menu

Actualités

Arleux : elle lui envoie un texto pour son anniversaire, il l’agresse sexuellement

06/10/2020

 

Mardi, le tribunal a déclaré un jeune homme coupable d’agressionsexuelle, délit commis le 2 février 2019 à Arleux. Il devra accomplir un stage de lutte contre le sexisme.

 

PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 04/09/2020, par Pierre VILCOCQ

 

Lorsqu’elle lui adresse un texto à l’occasion de ses 23 ans, Louise (1) accepte de le revoir pour parler mais lui précise bien qu’il n’y aura pas cette fois de rapport intime. Car Louise et A. C. ont été des « sex friends » : ils ont entretenu des relations sexuelles épisodiques entre copains pendant quatre ans sans toutefois entretenir derelation sentimentale.


Vers 1 heure du matin ce 2 février 2019, la rencontre a lieu dans la voiture du jeune homme. Mais la discussion dérape rapidement : A. C. touche la jeune femme et tente de l’embrasser. Elle le repousse, veut partir, il la retient mais elle finit par réussirà sortir de la voiture, se sentant salie. «J’ai essayé de me défendre, il y a des garçons qui nous prennent pour des objets », dit Louise, devant le tribunal présidé par Perrine Debeir. «Ce n’est pas parce qu’ils ont déjà eu des relations sexuelles qu’il en est le propriétaire», appuie Me Alain Reisenthel, son avocat.


« Insistant mais pas violent »


La procureure Aurélie La Rosa rappelle la définition de l’agression sexuelle, caractérisée par la contrainte, la violence et l’absence de consentement, autant d’éléments constitués dans cette affaire, selon elle. Des accusations rejetées par A.C. : « Je reconnais avoir été insistant mais pas violent, je ne l’ai pas contrainte », dit-il, avant de préciser : « On se connaissait depuis 2014 et, jusqu’en 2018, on a eu des relations intimes à des fréquences variables. J’ai compris qu’elle ne voulait plus. »

 

« Il lui a fait du rentre-dedans en espérant la faire changer d’avis et elle a envoyé un SMS à sa compagne pour se venger », insiste Me Blandine Lejeune, l’avocate du prévenu. A. C. a en effet déclaré l’avoir forcée : « Des termes qui servent l’accusation », reconnaît l’avocate en réclamant toutefois la relaxe de son client. En vain, car le tribunal retient la culpabilité de A.C. Il devra accomplir à ses frais un stage de lutte contre le sexisme et de sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes, verser 800 € de préjudice moral, plus 180 € engagés par Louise pourson suivi psychologique.


1. Prénom d’emprunt.

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

 

 

Lire plus

Pris sur l’A22, ils importaient 45000 paquets de cigarettes de contrebande

09/10/2020

 

Le 1er juillet, sur l’autoroute A 22, venant de Belgique deux hommes ont tenté de passer la frontière avec près de 45 000 paquets de cigarettes. Ils étaient jugés mardi à Lille, non seulement pour de l’importation illégale mais aussi pour de la contrefaçon.

 

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 12/08/2020, par Chantal DAVID

 

 

Ils sont cousins par alliance, ne se connaissaient guère et, le 1er juillet, roulaient sur l’autoroute A22, chacun au volant d’une camionnette. Ils venaient de Belgique, leur GPS indiquait Nantes, les douaniers les ont stoppés à la frontière. Dans chaque véhicule, il y avait des dizaines de paquets de cigarettes : 44 900 en tout, pour un poids de 898 kilos et une valeur de 426 550 euros. En amende douanière, cela vaut deux fois plus, le délit de contrefaçon s’ajoutant à celui d’importation illégale.

 

Au tribunal judiciaire de Lille, ce mardi, le président Bernard Lemaire tente de reconstituer le périple de ces deux hommes qui, à l’audience, s’expriment par le truchement d’une interprète en langue russe. L’un et l’autre sont pères de famille, n’ont jamais été condamnés, et évoquent avec effroi, six semaines de détention provisoire à Sequedin.

 

Ils devaient gagner 2000 euros

 

Roman I. 35 ans, habite Moscou. Albert E. 30 ans, habite en Belgique. Il est propriétaire des deux camionnettes. Habituellement, Albert E. transporte des chevaux, c’est son métier. Au tribunal, il réfutera l’idée de caches spécialement aménagées pour le trafic. Les camions pour chevaux, dira-t-il, ont fréquemment un compartiment hermétique dans le plancher, pour éviter de salir les marchandises.

 

Roman I. l’a rejoint en Belgique début juillet. Lui aussi est transporteur. Entre deux chargements en Allemagne, le Moscovite était venu voir ses cousins. Les deux hommes disent avoir été contactés par des commanditaires qui leur auraient confié l’acheminement des cigarettes pour 2 000 euros chacun. Pas de nom, pas de précision… Le juge cherche alors à savoir s’il ne s’agit pas d’une petite entreprise familiale bien organisée. Car un oncle de la famille a déjà été condamné pour trafic de cigarettes. L’inspectrice des douanes s’interroge aussi. Ces fausses cigarettes sont chargées en métaux lourds, deux à quatre fois plus que la normale. Trois usines de contrefaçon ont été démantelées en Belgique depuis janvier 2020. 

 

En défense, Me Adèle Carré balaiera l’idée du réseau, plaidant le faux pas de deux hommes appâtés par le gain.

 

Albert E. et Roman I. ont été condamnés conformément aux réquisitions, à deux ans de prison avec sursis. Ils devront payer solidairement plus de 800 000 euros d’amende.

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

 

Lire plus

Le tout frais ministre Éric Dupond-Moretti raconté par ses «bébés» lillois

06/10/2020

 

Le nouveau Garde des Sceaux a installé son premier cabinet d’avocatdans le Vieux Lille le 1er juin 1989. De nombreux talents y ont défilé. Certains évoquent aujourd’hui leur affection et leur reconnaissancepour ce « bourreau de travail ».

PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 07/07/2020, par Lakhdar BELAID

 

 

Muriel Cuadrado n’aime pas l’expression : tueur de procédures. Avant d’hériter du surnom « Acquittator », Éric Dupond-Moretti aurait pourtant pu être qualifié de « procédure killer ». « Très tôt, il s’est attaché à la procédure pénale, salue Me Cuadrado. Il a été parmi les premiers à soulever des conclusions de nullité. » Traduction : avant même d’étudier le fond d’un dossier judiciaire, voir si la forme, cruciale en droit, a été respectée. Tout ou partie d’une affaire annulé(e), le client sera allégé d’autant. Hors-jeu la procédure… et les poursuites. « C’était très novateur à l’époque, rappelle Muriel Cuadrado. Et a marqué la pratique des avocats lillois. » En 1991, la jeune femme est si séduite qu’elle rejoint le Lillois une fois terminée l’école d’avocats à… Toulouse. Cette « expérience fabuleuse » prendra fin en 2000.


Blandine Lejeune, est la première collaboratrice de Dupond-Moretti à partir, de 1989 à 1992. Les souvenirs d’un cabinet rue de la Monnaie, « sous les combles, au-dessus d’une pâtisserie, les narines chatouillées par des odeurs de croissants »… « Certes, Éric a un côté un peu bulldozer, admet la pénaliste. Mais c’est largement compensé par ses facultés d’analyse. » Les angoisses des juges ? « Si les magistrats ont peur de lui, c’est qu’ils ont quelque chose à cacher, sourit la Lilloise. Quand « Dupond » semet en colère, c’est qu’il a une raison. » « S’agissant de l’état de la justice, il sait ce qui va bien et ce qui ne va pas, la rejoint Alice Cohen-Sabban, collaboratrice de 2001 à 2017. Éric n’est pas un statisticien. Il est un homme de terrain. » Toutes deux admirent « le bosseur, au cabinet dès cinq heures du matin », le « terrien de l’Avesnois, chasseur, pêcheur, généreux et très bon camarade ».

 


Zéro tiédeur

 

Aux côtés de Dupond-Moretti de 2000 à 2006, Julien Delarue répète volontiers une phrase de son mentor : « Les magistrats n’ont jamais eu peur de moi ! Ce sont les cons qui ont peur de moi ! » Avant de compléter sobrement : « Il n’envisage rien dans la tiédeur… » « L’audience est le pré carré d’un combat, module Blandine Lejeune. Il ne faut pas la confondre avec un ministère. » « Le nouveau Garde des Sceaux a envie de dépassionner le système, assure celle qui, avec Delarue et Dupond-Moretti, a traversé le séisme de l’affaire d’Outreau. Il va tenter de le réformerde l’intérieur… » « Éric n’a pas accepté ce poste par hasard, approuve Julien Delarue. Il a finalement convaincu jusqu’au plus haut niveau … »

 

 

CONTACTEZ-NOUS  DROIT PENAL

Lire plus

Devant le tribunal de Lille, un couple «réconcilié par le Covid»

06/10/2020

 

Le tribunal de Lille a levé, vendredi, l’interdiction de contact entre deux conjoints. Avec le confinement, le couple avait renoué pour faciliter la garde de leur enfant. Et au fil des échanges, ils ont retrouvé leur complicité. « Une réconciliation Covid », a plaidé Me Blandine Lejeune.

PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 05/05/2020, par Chantal DAVID

 

 

Jean (*) est enseignant, Marie (*) est infirmière. L’un et l’autre habitent dans la métropole lilloise. En 2019, leur couple bat de l’aile et en décembre, une dispute s’accompagne de violences. Une ordonnance de protection est accordée à Marie. Jean est placé sous contrôle judiciaire, il sera jugé pour violence conjugale au mois de juin 2020.

 

« On aurait pu faire, ni vu, ni connu »

 

En attendant, il a l’interdiction d’entrer en contact avec sa compagne. Tous les quinze jours, il récupère leur fils à l’école le vendredi soir et le ramène le lundi matin. Mais le confinement va bouleverser leur organisation. Marie propose alors à Jean, la garde de l’enfant. Son métier la met en contact avec le Covid-19. Jean a toujours été un bon père. Le couple met ses tensions de côté et Marie vient voir son fils chez Jean, chaque fois qu’elle le peut.


Tout semble bien se passer mais Me Blandine Lejeune va conseiller à son client de demander une levée de l’interdiction de contact. « On aurait pu faire ni vu, ni connu », dira l’avocate aux juges. Néanmoins, aux yeux de la justice, même si c’est Marie qui a renoué le contact, Jean viole son contrôle judiciaire, ce qui pourrait l’envoyer en prison.

 

L’affaire a été plaidée une première fois le 10 avril. Le président Ludovic Duprey a estimé nécessaire d’entendre la compagne qui n’assistait pas à cette première audience, et le tribunal s’est donné le temps de la faire convoquer.

 

Ce vendredi, Marie a été la plus fervente avocate de Jean, confirmant « la réconciliation Covid », plaidée par Me Blandine Lejeune. Marie a insisté sur leurs relations pacifiées, sur l’efficacité des soins entrepris par Jean pour soigner la dépression qui avait amené la violence. Le tribunal a levé l’interdiction de contact. Jean sera néanmoins jugé au mois de juin pour violence conjugale. Mais quid de la
procédure de divorce en cours…


(*) Les prénoms ont été changés

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

Lire plus

À peine libéré, l’homme poursuivi pour féminicide harcèle une nouvelle femme à Ronchin

06/10/2020

 

Une habitante de Ronchin vient de porter plainte. À peine libéré, Hocine Hamoudi, qui l’avait déjà importunée il y a deux ans, a tenté de forcer sa porte. Une récidive qui relance les interrogations suscitées par unelibération à mi-peine, quasiment sans contrainte, d’un homme réputé dangereux et dont le nom est déjà apparu dans un dossier de féminicide à Hazebrouck.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 28/04/2020, par Chantal DAVID

 

 

Comment la dangerosité d’Hocine Hamoudi a-t-elle pu échapper au juge d’application des peines lillois ? Les antécédents de violence, les troubles psychiatriques de cet homme de 32 ans, n’ont, semble-t-il, pas pesé dans un choix delibération conditionnelle, prévue par le code pénal lorsque le détenu a purgé plus de la moitié de sa peine.

 

Dans un précédent article publié dès le 24 avril (https://www.lavoixdunord.fr/745086/article/2020-04-24/un-roubaisien-accuse-dun-feminicide-hazebrouck-et-condamne-pour-violences), on s’étonnait de cette décision, pensant qu’au moins un bracelet électronique avait été imposé. Or, Hocine Hamoudi est sorti de prison le 20 avril avec un contrôle judiciaire très peu contraignant. Il doit respecter une obligation de soins et de formation, une abstinence au cannabis, l’obligation de répondre aux convocations du juge et deprévenir tout déplacement à l’étranger.

 

Autre décision incompréhensible : là où la première autorisation de conditionnelle le 2 avril, prévoyait une résidence à Paris, Hocine Hamoudi a obtenu, du même juge le16 avril, le droit d’habiter chez ses parents à Ronchin. Exactement dans la ville où habite sa précédente victime… En août 2018, il avait été condamné à trois ansd’emprisonnement par la cour d’appel de Douai pour violence conjugale. La jeune femme avait été mordue, brûlée au bras et avait eu le nez cassé. Hocine Hamoudi sera une nouvelle fois condamné en 2019 (https://www.lavoixdunord.fr/439217/article/2018-08-29/accuse-du-meurtre-de-sonex-compagne-un-roubaisien-condamne-quatre-ans-de-prison), cette fois pour desviolences sur un codétenu dont il avait ébouillanté la cuisse.

 

Un contrôle judiciaire peu contraignant

 

On pourrait cyniquement estimer que l’homme a une « bonne étoile judiciaire ». Une première bourde, cette fois au tribunal de Dunkerque en 2015, avait empêché sa détention provisoire dans un dossier de féminicide à Hazebrouck. (https://www.lavoixdunord.fr/436907/article/2018-08-24/la-famille-de-sandra-tueeen-2015-enfin-entendu-la-voix-du-meurtrier-presume)


Depuis quelques jours, après la divulgation de la libération d’Hocine Hamoudi, le parquet de Lille est sur les dents, après avoir réagi trop tard, pour être dans le délai d’appel, de la décision du juge.


De son côté, Hocine Hamoudi n’a pas tardé à recommencer. Arrivé à Ronchin lundi20 avril, à peine deux jours plus tard, il a tenté de forcer la porte d’une dame de saconnaissance. Une mère de famille qu’il avait déjà importunée, avant son incarcération, et qui avait dû faire intervenir un tiers pour être tranquille. Mercredi,Hocine Hamoudi est revenu à la charge. Quand elle lui a ouvert, il a tenté de l’embrasser dans le cou, de lui attraper les mains… Elle a eu toutes les peines à le chasser de chez elle. Puis il a multiplié les messages harcelants par sms. Elle ne s’est pas laissé faire, il a alors cessé d’écrire. Mais de temps en temps, il vient se poster devant chez elle. De préférence le soir.


«Cet homme est dangereux et va recommencer»

 

Pour le commissaire d’Hazebrouck, Thierry Courier, la remise en liberté d’Hocine Hamoudi représente un danger grave. Le chef des policiers d’Hazebrouck a longuement interrogé cet homme accusé du meurtre de Sandra Mazingue en 2015 : « Il ne conçoit le rapportaux femmes qu’avec violence, il est dangereux et je suis convaincuqu’il va recommencer».


La famille de Sandra est révoltée. Un courrier a été envoyé à la ministre de la Justice et à Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. « Il faut que les choses bougent , lance Jessy Helleputte, la soeur de la victime, il est dans la ville de sa dernière victime et sans bracelet ! » En pleurs, la jeune femme confie que la situation est « très dure à vivre ».

 

Depuis le meurtre de sa soeur, aucune date de procès n’a été donnée, l’instruction n’est pas close à cause d’une contre expertise psychiatrique que doit ordonner le parquet de Dunkerque. « Rien n’avance alors que nous espérions qu’il serait jugé pendant sa détention », ajoute Jessy.

 

Pour l’avocate de la famille, Blandine Lejeune, cette procédure estincompréhensible : « Plus de cinq années pour une instruction, c’est énorme ! »

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

 

 

Lire plus

Un jeune homme condamné pour des gestes déplacés à l’égard d’adolescentes à la gare Lille-Flandres

09/10/2020

 

Un jeune homme de 23 ans a été condamné ce mercredi au tribunal de Lille pour agression sexuelle et outrages sexistes. Le 9 mars, il s’en était pris à des adolescentes de 15 ans, à la gare Lille-Flandres.

 

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 23/04/2020 par Chantal DAVID

 

 

Le 9 mars, cela fait déjà quelques jours, que, dans le secteur de la gare Lille Flandres, Élie Jean s’est fait remarquer pour son comportement. Le directeur d’un fast-food l’a même chassé de son établissement après qu’une cliente a signalé sa présence dans les toilettes des femmes.


Ce mercredi, le jeune homme est jugé pour s’en être pris à plusieurs lycéennes, dans la gare Lille Flandres et place des Buisses. Élie Jean a tenté d’embrasser une jeune fille sur la bouche, à une autre, il a touché les fesses, se collant dans son dos. À d’autres, il a fait des propositions sexuelles, usant d’un vocabulaire dégradant et lessuivant dans la gare.

 

Il dit avoir honte de son comportement.

 

Élie Jean n’avait jamais été condamné. À l’audience, il adopte un comportement étrange. En répondant aux questions de la présidente Julie Astorg, il se vante tousazimuts. Il est un grand joueur d’échecs, était pressenti comme joueur de foot professionnel, peint comme Léonard de Vinci… Il commentera tout aussi bizarrement les agressions qu’on lui reproche : « Je me suis pris de passion pour la séduction.» En parallèle, il dit avoir honte de son comportement qu’il attribue à une prise massive d’alcool et de cannabis.

 

Le prévenu est poursuivi en parallèle, pour une violation de domicile qui date de 2018. Il avait tenté d’entrer chez une jeune femme.«Pas pour lui faire du mal. Juste pour prendre une douche et dormir dans un lit chaud », affirme le jeune homme au tribunal.


Deux victimes « en état de choc »

 

Deux adolescentes sont venues avec leurs parents. « Elles sont en état de choc »,dira la procureure Dorothée Coudevylle. Les propos d’Élie Jean inquiètent la magistrate. Les aveux du jeune homme sur ses pulsions sexuelles lui paraissent opportunistes.


En défense, Me Blandine Lejeune dispose de nombreux documents attestant d’hospitalisations psychiatriques et de traitements médicaux. Élie Jean perçoit l’allocation d’adulte handicapé mais le psychiatre qui l’a examiné en garde à vue n’arelevé aucune altération du discernement. L’avocate s’en étonne, le jeune homme adéveloppé des troubles à l’adolescence.


Me Lejeune insiste sur la nécessité de soins.


Le ministère public avait requis trois ans de prison dont deux derrière les barreaux.

 

Le tribunal a condamné Élie Jean à dix-huit mois de prison dont douze avec un sursis probatoire.Quand il sortira de prison, il sera suivi pendant deux ans avecnotamment une injonction de soins. Il devra aussi payer deux amendes de 200 euros pour les outrages sexistes.

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

 

Lire plus

Deux premières condamnations au tribunal de Lille pour des insultes lors des contrôles de déplacement

09/10/2020

 

Le parquet de Lille poursuivra en comparution immédiate les personnes qui outragent les policiers chargés de contrôler leur attestation de déplacement. Deux hommes ont comparu ce vendredi. Ils sont les premiers.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 20/03/2020, par Chantal DAVID

 

 

Ce vendredi, mesure de confinement oblige, il n’y a pas de public dans la salle d’audience de comparution immédiate. Deux hommes qui viennent de passer 48 heures en garde à vue et comparaissent sous escorte policière, seront jugés l’un après l’autre pour avoir insulté les policiers qui contrôlaient une attestation de déplacement qu’ils n’avaient pas. Ce passage au tribunal laissera une mention sur leurs casiers judiciaires et fait passer la contravention de 135 à 270 euros.

 

Le parquet de Lille a l’intention d’être ferme, le procureur Éric Fouard l’expliquera clairement à l’audience : « La rebellion, les insultes à l’égard des forces de l’ordre sont des actes d’incivilité particulièrement insupportables dans le contexte. Braver l’interdiction du confinement est un comportement irresponsable et dangereux ».

 

Square Albert- Samain à Lille

Mhamed K, 35 ans a été arrêté mercredi matin, square Albert-Samain à Lille. Une patrouille de police, passant boulevard de Metz avait repéré un attroupement d’une dizaine de personnes vers 10 h qui était toujours là, lorsque les policiers sont repassés quarante minutes plus tard. La plupart, des adolescents, s’enfuiront à l’arrivée de la police.

 

Deux hommes sont restés. Le contrôle de Mhamed K. va dégénérer. Il a un masque sur le nez mais pas d’attestation. Au tribunal, il l’admet mais conteste les insultes que lui reprochent sept policiers. Me Matthieu Staelen plaidera sa relaxe. En vain. Le tribunal le condamne à 140 heures de travail d’intérêt général à faire dans un délai de dix-huit mois sous peine de partir trois mois en prison.

 

Devant la gare de Marquillies

Sebastien F., 23 ans était ivre quand les gendarmes de La Bassée l’ont contrôlé, place de la Gare à Marquillies, mercredi vers 18 h. Il n’avait pas d’attestation. Son arrestation a été un déchaînement de violence « Vous êtes devenus carrément incontrôlable  » souligne le président Ludovic Duprey. Le prévenu ne se souvient de rien. Me Mathilde François en défense plaidera sur le parcours de vie difficile du jeune homme. Sébastien F. a été condamné à sept mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant dix-huit mois, avec une obligation de soins.

 

 

CONTACTEZ-NOUS  DROIT PENAL

 

Lire plus

IVRESSE ET REBELLION A ACHICOURT : L'AVOCATE FAIT ANNULER LA PROCEDURE JUDICIAIRE

09/10/2020

 

L’avocate lilloise Blandine Lejeune a obtenu, mardi, la nullité d’une procédure judiciaire qui visait un de ses clients, soupçonné de rébellion sur des policiers le 25 août dernier à Achicourt. Le motif de son placement en garde à vue n’était pas légal.

 

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 27/02/2020, par Thomas BOURGOIS

 

 

Ce jour-là, les policiers d'Arras ont interpellé son client pour état d'ivresse manifeste sur la voie publique. 

 

Ce qui relève, "en l'espèce, d'une simple contravention", s'est indignée Me Lejeune, une ténor du barreau de Lille, lors de l'audience au tribunal correctionnel d'Arras. 

 

Ce motif - ainsi que le tutoiement qu'on relevé les policiers - n'étaient pas suffisant pour envoyer l'homme en geôle. 

 

Elle a ainsi emandé l'annulation de la totalité de la procédure qui en découlait. 

 

 

Le parquet d'Arras n'a pas eu beaucoup d'arguments à lui opposer. Le tribunal a prononcé la nullité de la procédure et le prévenu a pu ressortir libre du tribunal ... 

 

 

CONTACTEZ-NOUS  DROIT PENAL

 

 

Lire plus

Lille: de la prison avec sursis pour une séance d’humiliation retransmise en direct

09/10/2020

 

Une mère et ses trois enfants, jusqu’ici inconnus de la justice, sont condamnés pour avoir réclamé des comptes à une possible rivale. La séance d’explication s’était achevée en moment de torture morale.

PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 20/11/2019, par Lakhdar BELAID

 

 

Tous les protagonistes de ce dossier connaissent très bien la prison de Sequedin. Pas pour y avoir séjourné. La victime y travaille. Le mari et père des personnes jugées y a longtemps été en poste, notamment à un échelon élevé. Le 16 juillet 2018, une femme de 46 ans et ses trois enfants débarquent dans un appartement lillois. L'occupante est prise au dépourvu lorsque ces indésitables investissent son logement.

 

Soupçon d’adultère

 

La famille exige une explication. La personne dont elle instruit le procès a longtemps été considérée comme « une sœur » par la mère, comme « une tante » par la progéniture. Tous soupçonnent à présent cette surveillante de prison, défendue par Tayeb Ismi, d’avoir séduit leur mari et père. Ce dernier est absent. Quelques minutes après le début de cette « descente », il recevra sur son téléphone une photo dégradante de sa collègue.

 

Absente à l’audience de jugement, la plaignante ne s’est pas non plus déplacée pour entendre la sanction décidée à l’encontre de ses anciens amis une semaine plus tard. Il y a quelques années, elle a vécu de très près l’évasion explosive de Redoine Faïd, soupçonné de plusieurs braquages spectaculaires. D’où des traumatismes décrits face à la présidente Audrey Bailleul et à ses assesseurs.

 

Neuf mois de prison avec sursis pour la mère

 

Cette fois, Me Ismi viendra énoncer des troubles plus récents. Ce groupe ayant forcé sa porte l’a, dit-elle, déshabillée et photographiée avant d’adresser le cliché à un collègue, soupçonné d’avoir nourri avec elle une relation extraconjugale. Il est même question de menaces à l’aide de couteaux piochés dans sa propre cuisine. Des soupçons rejetés avec force par Mes Cherifa Benmouffok et Blandine Lejeune.

 

Le procureur Pierre Besse avait souhaité des peines d’amende avec sursis. La sanction sera finalement beaucoup plus lourde. Neuf mois de prison avec sursis pour la mère et son fils de 23 ans, cinq mois, toujours avec sursis, pour deux filles âgées de 27 et 28 ans.

 

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

 

Lire plus

Soupçonnée de harceler père et enfants à Sainte-Catherine, la mère de famille relaxée

19/11/2019

« Un délit d’amour » ? Une mère de 48 ans a fait face au tribunal correctionnel d’Arras, mardi, soupçonnée de harcèlement moral sur son ex-conjoint et ses trois enfants. On lui reprochait de vouloir désespérément entrer en contact avec sa progéniture.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 08/11/2019, par Thomas BOURGOIS

 

La frêle quadragénaire s’emporte souvent. Elle pointe du doigt son ex-mari, nie parfois l’évidence… « C’est une mère écorchée vive », la décrit son avocate Me Blandine Lejeune, une ténor du barreau de Lille. « Elle est tout en souffrance », surtout depuis que son ex-époux a demandé le divorce en 2013, dix jours après l’accouchement du petit dernier. Le début de la déchéance.

 

« En six ans, j’ai tout perdu, ma maison, mes économies, ma belle-famille… », lâche-t-elle. Jusqu’à la garde de ses trois enfants. La sage-femme libérale ne les pas amenés à l’école, un matin de 2017. « Le soir même, elle finissait en garde à vue, raconte son avocate. Je n’ai jamais vu ça ! » On ne lui accorde plus qu’un droit de visite médiatisé, en présence d’un travailleur social.

 

« Je me suis sentie humiliée, dégradée. Y’a un moment, j’avais envie de mourir. »

 

La mère de famille ne s’y est jamais résolue. « Je ne vois pas l’intérêt de voir mes enfants 24 heures par an (à raison de deux visites d’une heure par mois). » Elle préférait envoyer des lettres chaque semaine, des colis avec des cadeaux. « Il y en a eu énormément, je tiens à le dire. Ça remplissait mon garage », souffle le père.

 

Elle serait venue plusieurs fois à l’école des enfants ou au domicile de son ex-époux pour les apercevoir dans le jardin, ou leur offrir des pistolets à eau. Cette dernière scène a viré à la violente dispute. Une plainte pour harcèlement moral a suivi. « Mon rôle est quand même de suivre les enfants dans leur éducation. »

 

Un jour, les policiers débarquent à son domicile. Elle brandit une brosse de toilettes dans leur direction. L’arrestation est musclée. Et une plainte pour rébellion s’ajoute sur la pile. « On vous met les menottes, on vous embarque, que vous soyez en nuisette, en culotte… Y’a un moment j’ai pété un plomb, reconnaît-elle. Je me suis sentie humiliée, dégradée. Y’a un moment j’en avais marre, j’avais envie de mourir. »

 

Son avocate fulmine. « Qu’est-ce qu’elle a fait de mal ? Est-ce qu’elle a battu ses enfants ? Est-ce qu’elle les a privés de nourriture ? Non ! (…) Un délit d’amour, c’est ça que vous lui reprochez ? » Elle dénonce « un harcèlement judiciaire ».

 

La plaidoirie fait mouche : le tribunal la relaxe du harcèlement. La mère ne ressort de la salle d’audience qu’avec une amende de 500 euros pour rébellion.

 

 

CONTACTEZ-NOUS  DROIT PENAL

 

 

Lire plus

Le prêtre Raymond Mbélé reconnu coupable d’agression sexuelle

30/10/2019

 

Ce lundi, le prêtre de la paroisse de Wormhout a été reconnu coupable de l’agression sexuelle d’une paroissienne de 18 ans. Il a été condamné à 12 mois de prison, dont 6 avec sursis.

ARTICLE PARU DANS NORD LITTORAL, le 07/10/2019, par Nord Littoral 

 

Ce lundi 7 octobre, le prêtre Raymond Mbélé, curé de la paroisse de Wormhout comparaissait devant le tribunal correctionnel de Dunkerque.

 

À la suite d’une plainte déposée par une paroissienne de 18 ans, le prêtre devait répondre de fait d’agression sexuelle sur la jeune femme.

 

Les faits remontent au 29 avril dernier et avaient eu lieu au presbytère de Wormhout, où résidait le prêtre à l’époque. Alors que la jeune femme, en proie à des difficultés personnelles et victime de violences conjugales, passe la journée du dimanche 28 avril chez le curé, elle décide de passer la nuit chez lui.

 

 

" Elle ne m’a pas repoussé, a souri et avait une attitude attirante. Il n’y avait pas d’ambiguïté, quand elle a dit arrête, je me suis arrêté net. »

Raymond Mbélé

 

 

Dans sa déposition, la plaignante a expliqué qu’il lui était déjà arrivé de dormir au presbytère précédemment. Parfois dans la chambre d’amis, voire dans le lit du prêtre, sans qu’il se soit passé quoi que ce soit.

 

 

Deux versions des faits

 

Le lundi 29 avril, vers 9 h 30 alors que le père MBélé et la plaignante ont dormi dans le même lit, l’homme d’église se lève.

 

« Je ne me suis pas débattue et je me suis laissé faire. Je n’avais pas la force morale pour lutter. »

La victime

 

Selon la plaignante, il aurait contourné le lit pour venir l’embrasser et pour lui toucher la poitrine. Surprise et encore à moitié endormie, la victime le repousse.

Le père quitte alors la pièce et va se préparer. Quelques minutes plus tard, il revient dans la pièce. Là, les versions discordent.

 

Lui estime que la jeune paroissienne l’aurait aguiché. Dans « un moment de passion », dixit Raymond Mbélé, l’homme caresse le sexe de la jeune femme, puis pratique un cunnilingus pendant plusieurs minutes jusqu’à ce qu’elle le repousse. La scène s’arrête là.

 

Pour la plaignante, ce rapport n’était absolument pas consenti. Elle explique ne pas avoir réagi immédiatement sous l’effet de surprise.

« Je ne me suis pas débattue et je me suis laissé faire. Je n’avais pas la force morale pour lutter », a-t-elle indiqué aux gendarmes en déposant plainte pour viol.

« J’étais à moitié réveillée et choquée. »

 

 

Devant les juges, Raymond Mbélé reconnaît les faits « mais pas tels qu’ils ont été décrits. Elle ne m’a pas repoussé, a souri et avait une attitude attiranteIl n’y avait pas d’ambiguïté, quand elle a dit arrête, je me suis arrêté net. »

 

Pour le procureur de la République, Sébastien Piève, la position du prévenu, « en qui la victime avait toute confiance », aggrave sa situation. 18 mois de prison, dont 9 avec sursis sont requis à l’encontre du prêtre.

 

 

 

La défense plaide la relaxe

 

Pour Maître Blandine Lejeune, avocate du curé, il faut rappeler une chose : « On juge ici un homme, devant un tribunal laïc et non pas un prêtre. »

 

Selon l’avocate, la jeune plaignante ne pouvait pas ne pas s’attendre à une telle scène.

 

« Cette jeune femme de 18 ans, qui a des relations sexuelles depuis qu’elle a 14 ans, passe au moins deux nuits avec cet homme, dans son lit. Monsieur était en droit d’avoir une attirance pour elle et, un matin, d’avoir une main qui s’égare. »

 

La défense rappelle que selon elle, il n’y a pas eu de contrainte physique ou de violences lors de cette scène et que les faits ne tiennent pas de l’agression sexuelle.

Le tribunal a reconnu coupable l’homme d’église en retenant notamment l’agression par surprise de la victime.

 

Raymond Mbélé a été condamné à 12 mois de prison, dont 6 avec sursis.

 

 

CONTACTEZ-NOUS  DROIT PENAL

 

Lire plus

L'AVOCATE ET AUTEUR BLANDINE LEJEUNE, MARRAINE DU SALON THEODOLIVRES

30/10/2019

 

L'AVOCATE ET AUTEUR BLANDINE LEJEUNE, MARRAINE DU SALON THEODOLIVRES

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 12/10/2019, par Annick MICHAUD

 

Après l'avocat Emmanuel Pierrat, c'est de nouveau une robe noire qui est l'invitée d'honneur du Salon du livre de Téteghem, Théodolivres. L'avocate pénaliste Blandine LEJEUNE est l'auteur de quatre polars mettant en scène un personnage récurrent, le commissaire Boulart, et se déroulant à Lille. 

 

Une quarantaine d'auteurs seront rassemblés demain à la salle Itsweire. Essentiellement des auteurs de romans ou documents policiers, comme l'ancien flic Daniel Bourdon, le Dunkerquois Ludovic Bertin, Jean-Christophe Macquet, René Charlet, Geneviève Reumaux ou l'organisateur du salon, Jean-Pierre Bocquet. 

 

 

RENCONTRE FORTE

 

Théodolivres ouvre la porte à d'autres genres et à une cause. Cette année, la mémoire des souffrances du peuple iranien sous Khomeini. Le public vivra une rencontre forte avec l'Iranienne Massoumeh Raouf Basharidoust. Dans Un petit prince chez les mollahs, un roman graphique d'une centaine de pages, elle raconte la répression dont ont été victimes les opposants à l'ayatollah Khomeini quand il a pris le pouvoir en Iran. Exilée en France depuis 1981, Massoumeh Raouf Basharidoust évoque cette époque à travers l'histoire de son frère, emprisonné dès son adolescence et tué par le régime des mollahs. 

 

Les amateurs de photos pourront profiter d'une exposition de photos de Pierre Volot, et les gourmands des recettes d'Odile Bazin, alias La Cocotte dans nos colonnes. 

 

 

 CONTACTEZ-NOUS

Lire plus

Procès du Cuba Libre à Rouen: les parties civiles décrivent "l'enfer"

09/10/2020

 

"Des deux bougies d'anniversaire, on est passé aux flammes de l'enfer": vendredi à Rouen les avocats des parties civiles ont commencé à plaider, au cinquième jour du procès des deux ex-gérants du bar rouennais Cuba Libre, où 14 personnes ont péri dans un incendie en 2016.

 

PARU DANS LE POINT, le 13/09/2019

 

Les victimes fêtaient les vingt ans d'Ophélie dans le sous-sol de 24 m2 de ce bar aménagé sans autorisation en boîte de nuit, lorsque deux bougies du gâteau d'anniversaire, des fontaines à étincelles, ont enflammé le plafond de l'escalier.

 

"De la joie, on passe à l'horreur. Des deux bougies d'anniversaire, on est passé aux flammes de l'enfer", a lancé Renaud de Bezenac, avocat de la famille d'Ophélie, qui a succombé dans l'incendie.

 

Le tribunal juge depuis lundi Nacer et Amirouche Boutrif, deux frères de 40 et 48 ans, pour "avoir involontairement causé la mort" de 14 personnes, mortes asphyxiées, et en involontairement blessé cinq autres grièvement, dans l'incendie de leur établissement, dans la nuit du 5 au 6 août 2016.

 

Ils sont poursuivis pour de nombreux manquements à la sécurité, notamment pour avoir laissée verrouillée l'unique porte de secours du sous-sol, sous-sol dont les plafonds étaient recouverts de plaques de mousse en polyuréthane insonorisante, matière extrêmement inflammable.

 

"La famille est atterrée, elle ne comprendra jamais pourquoi cette porte était verrouillée. Les frères Boutrif ont verrouillé la porte de l'existence de ces quatorze jeunes", a plaidé Me de Bezenac, évoquant la douleur de la famille.

 

"Avec l'issue de secours fermée, c'était clairement un piège", a témoigné mardi Anthony Le Corre, un des pompiers entrés dans la cave du bar où les victimes ont été retrouvées.

 

"Autel mortifère"

 

Durant la semaine, le tribunal a entendu plusieurs témoignages, dont ceux des trois survivants présents dans le sous-sol ce soir-là.

 

"J'ai essayé d'éteindre le feu avec ma chemise (...) mais c'était impossible, déjà, la moitié de l'escalier était en feu. Tout le monde courait à l'intérieur, en bas, c'était la panique", a ainsi expliqué Gauthier, 20 ans au moment des faits.

 

"Dans ce dossier, on ne peut pas dire, c'est la faute à pas de chance. Ce n'est pas le hasard. Les 14 décès sont dus à une succession de fautes toutes aussi coupables les unes que les autres. Une accumulation de fautes comme cela, ça ne peut être que volontaire", a estimé vendredi Rose-Marie Capitaine, avocate des familles de Florian, Donatien et Mavrick, tous trois décédés dans l'incendie. "La porte de secours étaient systématiquement fermée. On a fait d'une cave de danse un autel mortifère", a-t-elle considéré.

 

Blandine Lejeune, avocate de la famille de Sarah, celle qui portait le gâteau avec les bougies, décédée aussi dans l'incendie, évoque "un foyer meurtri". "Cet incendie n'est pas un accident de la vie. Sarah a été arrachée à la vie dans des conditions abominables", a-t-elle dit.

 

Les deux frères, aux casiers judiciaires vierges, sont soupçonnés d'avoir commis une kyrielle de "violations manifestement délibérées d'une obligation de sécurité ou de prudence".

 

Ils encourent cinq ans d'emprisonnement et 76.500 euros d'amende. Le procès, qui a lieu au tribunal correctionnel, doit se terminer mardi.

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

 

 

Lire plus

Blessé par balles après avoir foncé sur des policiers à Wattrelos, il vient d'être condamné

01/08/2019

 

Le 11 juin 2017, au terme d'une course-poursuite de Wattrelos à la frontière belge, deux policiers tirent sur un automobiliste fou qu'ils ont vu leur foncer dessus. Après deux ans de détention provisoire, le conducteur était jugé ce jeudi à LILLE. 

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 27/07/2019, par Chantal DAVID 

 

 

Dans la salle d'audience, en début de soirée, la canicule a rendu l'air épais. Sur les bancs du public, il ne reste plus que la compagne de Mehdi Z., Roubaisien de 24 ans. Ils sont ensemble depuis huit ans, elle l'attend, installé dans une nouvelle région pour que le couple démarre une nouvelle vie. 

L'homme du box est calme, poli, athlétique. Il exprime des remords et le regret "d'avoir fait souffrir beaucoup de personnes". Mehdi Z. se présente très différent du chauffard qui, le 11 juin 2017, voulait échapper aux policiers... 

"Coûte que coûte. Peu importe que les obstacles soient matériels ou humains", s'indigne Me Evelyne Ingwer pour quatre policiers en partie civile. 

"Il voulait fuir ses responsabilités", ajoute la procureure Céline Maille. 

"Pourtant vous n'aviez pas un casier de voyou", interpelle le président Jean-Michel Faure, rappelant que le jeune homme a un seul antécédent judiciaire. 

 

 

POLICIERS EN LEGITIME DEFENSE

 

Le 11 juin 2017, Mehdi Z. a trois passagers dans une voiture qu'il sait volée. Il a trouvé un pistolet dans la boîte à gants et n'a aucune intention de s'arrêter à un contrôle de police à Roubaix. Il fonce en directe de Wattrelos, roule sur le trottoirs, emprunte des rues à contresens et des ronds-points à l'envers. La patrouille lâche. Une autre le retrouve pas loin de la frontière. La voiture de police le bloque, jetant une herse dans le passage. Mehdi Z. manoeuvre pour s'échapper. Il reçoit deux balles: l'une lui casse la mâchoire, l'autre lui transperce la poitrine tout près du coeur. Pendant plusieurs jours, il est entre la vie et la mort. L'enquête de l'IGPN a conclu que les policiers, professionnels aguerris, étaient en légitime défense: "Je ne voyais aucune échappatoire. Il fonce et j'étais clairement sur sa trajectoire", dira l'un des deux fonctionnaires qui ont tiré. 

 

 

"Ils m'ont peut-être pris pour un terroriste. A l'époque, je pesais plus de cent kilos, j'étais barbu."

 

 

Au tribunal, Mehdi Z. décrit autrement la scène. Il affirme que les tirs ont précédé sa tentative de fuite: "Il y a eu un premier tir dans le pneu avant droit pour m'immobiliser et tout de suite après le policier qui était de mon côté a tiré. Ca a fait un bruit de fou. J'ai redémarré et je me suis arrêté plus loin." Et d'ajouter: " Le policier qui m'a canardé n'a pas vu que le premier tir venait de son collègue. Ils m'ont peut-être pris pour un terroriste. A l'époque, je pesais plus de cent kilos, j'étais barbu ..."

Me Blandine Lejeune appuie: "Cette version n'est pas contredite par la balistique. Vous n'avez aucune preuve qu'il a foncé délibérément sur les policiers."

 

 

La procureur avait requis trois ans de prison et la révocation de dix mois de sursis. 

L'avocate a plaidé la relaxe pour les violences volontaires et l'indulgence pour le refus d'obtempérer. 

 

 

Le tribunal a finalement condamné Mehdi Z. pour l'ensemble des faits à trois ans de prison dont un avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans. Le prévenu qui a déjà passé deux ans en prison est ressorti libre du tribunal mais a l'interdiction de paraître dans la métropole lilloise. 

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

Lire plus

Marchiennes: En état d’ivresse au volant, elle avait tué une cycliste

10/01/2019

 

Jeanne Romanowski, Flinoise de 20 ans, a été condamnée à cinq ans de prison, dont trois avec sursis et mise à l’épreuve, ce mardi. Le 7 mars, sous l’empire de l’alcool, cette jeune automobiliste avait provoqué la mort de Joëlle Piquet (63 ans), qui circulait à vélo sur la D 957 à Marchiennes.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 06/11/2018 par J.C.

 

 

Comme si elle avait appuyé sur la touche « Reset » de son ordinateur central. Dans un sanglot, à peine audible : « Je ne me souviens pas de grand-chose. J’étais paniquée, je ne sais pas ce qui s’est passé. » Jeanne Romanowski, Flinoise de 20 ans, a tué Joëlle Piquet, le 7 mars vers 19 h 30 (http://www.lavoixdunord.fr/330713/article/2018-03-08/lesquestions-que-l-se-pose-apres-l-accident-mortel de-sec-marais), au lieu-dit Sec Marais à Marchiennes.

 

Joëlle Piquet, conseillère municipale (http://www.lavoixdunord.fr/335257/article/2018-03-14/les-funerailles-de-joelle-piquet-se-derouleront-vendredi-matin), était à vélo, à contresens sur la voie cyclable qui borde la route. Jeanne Romanowski au volant de sa Citroën C3. L’étudiante venait de la gare d’Orchies où elle avait récupéré sa voiture pour rejoindre Flines, après avoir fait le trajet Lille-Orchies en train. Son partiel d’espagnol terminé, elle avait bu des bières avec des copains. Trop. Plus d’un litre. Mais malgré l’alcool, malgré Léo qui lui proposait de venir la chercher à la gare (lire ci-contre), Jeanne a pris le volant. « Je me suis sentie capable alors que je ne l’étais pas. »

 

La C3 zigzaguait depuis plusieurs kilomètres quand elle s’est déportée sur la voie cyclable et a percuté de face la cycliste. La sexagénaire a rebondi sur le pare-brise avant de s’écraser sur de le sol.

 

 

Délit de fuite

 

Jeanne Romanowski n’a jamais freiné. Elle ne s’est arrêtée que deux kilomètres plus loin avant de revenir sur les lieux cinquante minutes après l’accident. À cette heure-là, Joëlle Piquet n’était pas encore morte. « Une femme est en train d’agoniser et vous n’êtes pas auprès d’elle ! », lâche la juge Joly. « Ce n’est pas la faute à pas de chance, ajoute la procureure Coralie Cousty. Ce n’est pas la fatalité mais un comportement irresponsable ! »


Sentiment partagé par Me Lejeune (partie civile) : « Vous avez tellement conscience de l’accident, Mademoiselle, que vous prenez la fuite ! » Tous ont beau insister, Jeanne Romanowski n’explique pas : « Ça aurait pu être ma mère, j’ai conscience du mal que j’ai fait. Mais j’ai beau dire tout ce que je veux, ça ne changera rien. »

 

Les explications manquent tant qu’elles laissent toute la place à la douleur de la famille de Joëlle Piquet. « J’ai entendu une personne qui est dans le déni total de ce qu’elle a fait, lâche Patrick, le mari de la victime. Elle a détruit notre famille, notre projet… j’ai perdu mon moteur. Pour moi, c’est fini alors que j’entends une personne qui veut tout oublier pour repartir. » C’est possible car Jeanne Romanowski doit continuer à vivre malgré tout… et ce ne sera pas simple. « C’ est une femme totalement dévastée », plaide Me Dubois, son avocat. « L’amnésie opportuniste de l’audience, je n’y crois pas. Au moment de l’accident, elle s’est peut-être endormie. Et après, elle est dans un choc tel qu’elle n’a plus de souvenir.» Sauf celui d’avoir tué une femme en prenant le volant après avoir bu. Et ça, aucune touche « Reset » ne l’effacera.

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

Lire plus

Une famille dévastée par une étrange série de suicides

22/10/2018

 

Une plainte pour provocation au suicide vient d’être déposée contre un homme dont l’ex-femme et le fils de 15 ans ont mis fin à leurs jours à six mois d’intervalle, après qu’un membre de la famille a fait appel à un avocat lillois.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 16/10/2018, par Em. C.

 

 

Mathéo (*) s’est suicidé le dernier dimanche d’août. Il aurait eu 16 ans il y a quelques jours. « Il s’est pendu au domicile de son père », souffle son oncle, encore submergé par l’émotion. L’adolescent s’est donné la mort dans une commune à la limite de Lille. À l’intérieur d’une maison où il a longtemps fait face à la dureté de son père. Au début de l’année, c’est la mère du jeune homme qui se suicidait. « Elle s’est pendue le 15 février 2018. » À son domicile dans le bassin minier. Une mère et son fils qui se suicident à six mois d’intervalle : l’oncle est persuadé que ce n’est pas le fruit du hasard. « Ma sœur s’est séparée de son mari en 2007, mais il a continué à la harceler. Mon neveu a dû rester vivre chez son père. »

 

 

« La société de transport n’a pas vérifié son casier ».

 

Comment en arrive-t-on à de telles extrémités au sein d’une famille ? L’oncle parle de violences morales. De coups parfois. « Le 10 août, nous avons fait une main courante. Son père a frappé mon neveu. » La culpabilité est là. Elle suinte par tous les pores de sa peau. « On ne s’est rendu compte de rien. Tout ça se passait dans l’intimité de la maison. » Ce vendredi 10 août, Mathéo a quand même eu le temps d’appeler son oncle au secours. « Je me suis interposé. Il est beaucoup plus grand, plus fort que moi, mais il ne m’a pas fait peur. » L’oncle et le neveu finiront ce soir-là au CHR. « Il (le père, l’ex-mari) est connu des services de police. Quand il habitait dans la région lyonnaise, il a renversé deux fillettes. Il a commis un délit de fuite. Il a demandé à ma sœur de dire que c’était elle qui conduisait, parce qu’il bossait dans le transport. Elle a tenu bon. Il a été condamné à une peine de prison. Mais on lui a retiré son permis. On ne lui a pas annulé. Quand il est arrivé dans la région, la société de transports qui l’a embauché n’a pas vérifié son casier », a pu vérifier l’oncle.

 

 

Une plainte déposée pour provocation au suicide.

 

Dans le sillage de cet homme-là, on compte au moins deux autres suicides. « Il a rencontré quelqu’un sur son lieu de travail qui s’est, elle aussi, suicidée. Et puis, il y a sa mère, qui s’est pendue quand il était adolescent. » « Je suis persuadé que si mon neveu et ma sœur se sont pendus, c’est pour que lui aussi soit rongé par la culpabilité. »

 

Cette dramatique histoire de famille est maintenant entre les mains de la justice. La famille de Mathéo et de sa maman a, par le truchement de Me Blandine Lejeune, déposé une plainte pour provocation au suicide et pour harcèlement. « J’ai écrit au procureur de la République le 4 septembre, détaille l’avocate. Soit on nous dit qu’une enquête préliminaire est en cours, soit on classe et auquel cas nous nous constituerons partie civile. »

 

(*) Le prénom a été modifié.

 

 

CONTACTEZ-NOUS DROIT PENAL

 

 

Lire plus

Accusé du meurtre de son ex-compagne, un Roubaisien condamné à 4 ans de prison pour avoir frappé sa nouvelle amie

03/09/2018

La famille de Sandra, tuée en 2015, a enfin entendu la voix du meurtrier présumé

 Article paru dans la Voix du Nord, le 24/08/2018, par Chantal David et Geoffroy De Saint Gilles 

 

Hocine H., Roubaisien de 29 ans, était jugé jeudi pour avoir frappé, brûlé et mordu sa compagne. Il risque six ans de prison. Ces violences ont été commises alors que l’homme est mis en cause pour avoir battu à mort Sandra Mazingue, à Hazebrouck, le 1er mai 2015. Il avait été relâché suite à une erreur dans la procédure. Trois ans après, il n’y a toujours pas de date pour le procès devant les assises.

 

 

Ce n’était pas pour la mort de Sandra Mazingue que ses sœurs, Emily et Jessy, accompagnées d’autres membres de la famille, ont assisté au procès d’Hocine H. Mais pour Emily, «  c’était vraiment comme si le tribunal parlait de l’histoire de ma sœur. Il y a énormément de similitudes entre cette victime et Sandra : la persécution, l’emprise, les menaces sur la famille, la jalousie poussée à l’extrême, les coups, la prostitution…  »

Pour la première fois depuis la mort de Sandra il y a plus de trois ans, Emily a entendu le son de la voix d’Hocine H, 31 ans. Compagnon de sa sœur quand elle a été tuée, il est le principal suspect mais il n’a pas été condamné pour ce meurtre. En effet, le 1er décembre 2016, l’homme sort de prison pour être placé en liberté conditionnelle suite à un vice de procédure relevé par son avocat de l’époque, Me Berton.

 

 

« On savait qu’il recommencerait »

 

À l’époque, la famille de Sandra avait remué ciel et terre pour annuler cette décision : «  On l’avait dit à l’époque, clame Emily, on savait que la prochaine femme sur son chemin se prendrait des coups. Et voilà que c’est arrivé. Il faut l’enfermer.  »

 

La famille a tenu à être présente au procès jeudi, «  pour ne pas être oubliée » : «  On voulait montrer qu’on était là, que l’on attend le procès pour Sandra », explique Emily. L’instruction n’est pas encore bouclée. L’avocat d’Hocine H., Me Damien Legrand, a demandé une contre-expertise sur l’état mental de son client. Une demande rejetée mais l’avocat a fait appel. «  Nous espérons un procès aux assises en 2019 mais au regard de l’encombrement au parquet de Dunkerque, ce n’est même pas sûr  », lance Me Blandine Lejeune, qui représente la famille de Sandra. Pour un meurtre, ce temps d’instruction reste dans la moyenne. Pour la famille, le plus douloureux était de savoir que le suspect était en liberté. «  Nous sommes rassurés qu’il soit derrière les barreaux, il faut qu’il y reste jusqu’au procès  », assène Jessy.

 

 

LE COMBAT POUR RECONNAÎTRE UN VIOL

 

 Me Blandine Lejeune, l’avocate de la famille de Sandra, a rendu public le combat qu’elle mène pour que Hocine H. soit mis en examen pour viol. « Je ne comprends pas pourquoi le parquet de Dunkerque ne poursuit pas pour viol, c’est absolument intolérable. Le médecin légiste fait clairement état de traces et d’hématomes qui montrent qu’il y a eu une relation non consentie. » Jusqu’ici, le parquet a répondu à l’avocate que, comme le couple était ensemble, rien ne prouvait que l’acte n’était pas voulu. «  Cette femme a été cassée, broyée et on voudrait nous faire croire qu’elle était consentante, c’est un scandale. Je vais me battre jusqu’au bout, même s’il faut écrire à la secrétaire d’État chargée de l’égalité femmes-hommes. » Pour l’instant, seul le procureur pourrait décider de cette mise en examen avant la clôture de l’instruction.

 

 

 Contactez-nous  Droit Pénal

Lire plus

Les juges ont su faire le tri entre la plaisanterie et le harcèlement

10/01/2019

 

A Béthune, un policier a été condamné à de la prison avec sursis pour harcèlement sexuel envers deux collègues.

ARTICLE PARU DANS L'HUMANITE, le 30/07/2018, par Kareen JANSELME

 

 

«C’est un soulagement énorme », reconnaît dans un soupir cette victime découvrant la condamnation de son harceleur sexuel.

Ce verdict l’a enfin délivrée : 4 mois de prison avec sursis pour un collègue gardien de la paix dont les blagues salaces, les propos humiliants, un MMS obscène l’avaient conduite au burnout. Comme une autre consoeur.

 

Depuis, leurs maladies ont été reconnues imputables au service.
Mais comme rarement dans ce genre d’affaire, où seules 5 % des plaintes sont poursuivies, ces femmes ont pu raconter leur détresse et affronter leur harceleur devant une cour de justice.


Certes, la peine prononcée ne représente que la moitié de celle requise par la procureure à Béthune, le 5 juillet dernier (voir notre édition du 9 juillet), et les dommages et intérêts, eux aussi revus à la baisse, ne feront pas oublier l’isolement, l’effondrement, la tentative de suicide.

 

Mais cela reste une victoire.

 


Une procédure disciplinaire est en cours

 

« Nous sommes contents car nous voulions une reconnaissance de la culpabilité, explique Me Blandine Lejeune. On les a crues, elles. Le tribunal a fait le tri entre ce qui pouvait être de l’ordre de la plaisanterie et de l’ordre du harcèlement sexuel. Quant au quantum de la peine, ça regarde le parquet et les juges, mais ce n’est pas une petite peine non plus. Ils n’ont pas pris les choses à la légère. Une peine de prison avec sursis, c’est signifier à cet homme qu’en cas de récidive il risque de la prison ferme. »


Lors des réquisitions, la procureure n’avait pas demandé d’interdiction professionnelle pour cet agent de police. Sa condamnation sera exclue du bulletin numéro 2 de son casier judiciaire, et ne nuira donc pas à sa progression de carrière. Pour autant, une procédure disciplinaire est en cours, dépendant en partie de cette décision du tribunal correctionnel.

 

« Le verdict me convient, il est à la mesure de la réalité, assure l’avocate de la défense. Le harcèlement a été reconnu mais remis dans un contexte réel. Il est normal de dire à cet homme qu’il n’avait pas mesuré la réalité de l’impact de ses âneries.» Si Me Corinne Spébrouck reconnaît l’usage de « blagues pas fines, ras des pâquerettes », elle estime encore que l’affaire a été instrumentalisée par l’une des plaignantes, et que l’autre nourrissait « un fond dépressif ».

Pour autant, son client ne fera pas appel, assure-t-elle. Craindrait-il une aggravation de la sentence ? « S’il ne fait pas appel, reprend Me Lejeune, mes clientes se contenteront du verdict, même si elles n’ont pas obtenu de gros dommages et intérêts. L’argent ne les a jamais motivées, contrairement à ce que prétendait le prévenu pendant le procès. Ce n’était pas ça leur combat. Elles ont aussi agi pour toutes celles qui n’osent pas parler et qui subissent la dégradation de leurs conditions de travail : rappelons que ces deux femmes étaient en arrêt et c’est le médecin du travail qui a saisi initialement l’IGPN. »

 


La brigadière a déjà demandé sa réaffectation

 

Si la jeune agente de sécurité a décidé d’arrêter ce métier, la brigadière, elle, a déjà demandé sa réaffectation, mais dans un autre « bureau, sans stress, sans enjeu, pour repartir de zéro ». Elle espère juste ne pas attendre des années son inscription au tableau des avancements.
En janvier 2017, elle avait réussi l’examen de brigadier-chef. Puis il y a eu les arrêts de travail. Mais surtout, elle a porté plainte contre son administration pour ne pas l’avoir protégée. Une enquête interne de la police confirme le manquement grave de sa hiérarchie à la suite du harcèlement moral subi malgré ses signalements. Son combat n’est pas terminé.

 

 

Contactez-nous  Droit Pénal

 

 

Lire plus

Harcèlement sexuel dans la police, dix mois avec sursis requis contre l’accusé

06/07/2018

 

Après plus de quatre heures d’audience au tribunal de Béthune, la décision sur l’affaire de harcèlement sexuel dans la police a été mise en délibéré au 26 juillet. Le procureur a requis dix mois avec sursis contre le policier qui a été accusé par ses deux collègues.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 05/07/2018, par Sophie Filippi-Paoli

 

 

Il hésite, se contredit parfois : oui, finalement, une femme lui a déjà dit stop, c’est vrai mais ils s’entendaient bien. De toute façon, lui, il ne comprend pas ce qu’il fait là, il voulait juste rigoler et, «  mettre l’ambiance  ». L’audience au tribunal de Béthune a duré plus de quatre heures et, pourtant, il est difficile de savoir ce que pense vraiment ce gardien de la paix de 49 ans, d’une carrure imposante mis en cause par ses deux collègues pour harcèlement sexuel.Certes, il reconnaît certains propos mais nie avoir eu tout comportement déplacé.

 

On est en 2016, dans le bureau détaché du commissariat de Douai. L’une des plaignantes, qui a déjà témoigné dans la Voix du Nord, est cheffe de bureau et raconte des propos salaces  : «  Je vais te la claquer sur le bureau  », des comportements déplacés  : «  Il a dégrafé son pantalon  », et une photo obscène reçue sur son téléphone. L’autre victime, une adjointe de sécurité dans la vingtaine, se dit «  écœurée par le monde de la police  » et rapporte le même genre de phrases et de comportements. Tout comme la femme de ménage du bureau qui n’a pas voulu porter plainte mais était présente à l’audience pour soutenir les policières. Les deux collègues masculins font, eux, état dans leurs dépositions de commentaires « souvent vulgaires  ».

 

« Son comportement a été obscène, dégradant, humiliant »

 

Et, comme l’a rappelé Me Lejeune leur conseil, l’actuel arrêt maladie des deux plaignantes a été jugé imputable au service. «  Son comportement a été obscène, dégradant, humiliant, a martelé l’avocate lors de sa plaidoirie. «  Et le dépôt de plainte pour ces deux femmes a été un parcours du combattant. C’est dur de parler lorsqu’on est dans la police.  »

 

Pour Me Spebrouck, avocate de la défense, les comportements déplacés de l’accusé n’ont jamais eu de témoin direct : «  C’est sa parole contre la leur.  » Et si les témoignages du bureau détaché sont accablants, ceux du commissariat de Douai, où le policier a travaillé, sont à décharge. «  On parle de quelqu’un de rigolo, qui est un bon collègue, fournit un travail exemplaire et aucune femme ne s’est plainte de lui. Il faut faire la part des choses, mon client ne doit pas servir d’exemple.  » La procureure, elle, a estimé que l’on était bien dans une infraction pénale et a requis dix mois avec sursis. 

 

 

Le jugement a été mis en délibéré au 26 juillet.

 

 

Contactez-nous  Droit Pénal

 

 

Lire plus

Nord: les pompiers condamnés pour négligence après un AVC mal diagnostiqué

01/07/2018

Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Nord et l'hôpital de Roubaix ont été condamnés mercredi par le tribunal administratif de Lille à verser plus de 300.000 euros à une victime d'un AVC prise en charge tardivement en 2012.

Lire plus

Cabinet d'avocat à Lille - Cabinet Blandine LEJEUNE

23/05/2018

Construit sur de solides bases juridiques, le Cabinet Blandine LEJEUNE englobe compétence et professionnalisme.

Il vous conseille, vous assiste et vous défend dans les domaines du droit pénal, droit de la famille et du droit de la réparation des préjudices corporels.

Situé au 28 Avenue du Peuple Belge, le Cabinet est installé a proximité immédiate du Tribunal de Grande Instance de Lille.

Pour toute question, n’hésitez pas à prendre contact par mail ou par téléphone au 03.20.06.65.75, le secrétariat est joignable du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 14h00 à 19h00.

Lire plus

Actualités
Plus d'actualités
Avocats
Blandine Lejeune

Avocate depuis 1987, Blandine LEJEUNE a acquis une solide experience dans la défense pénale des auteurs et victimes d’infractions.

Elle s’est très rapidement illustrée dans des dossiers sensibles et médiatiques tels que l’affaire Ida BEAUSSART dans laquelle elle a obtenu l’acquittement de cette jeune fille accusée du meutre de son père néonazi ; l’affaire d’Outreau ; l’affaire des frères JOURDAIN dans laquelle elle a assisté les quatre familles endeuillées suite au meurtre de leurs filles ; l’affaire dite du THEATRO ; l’affaire du BATACLAN dans laquelle elle assiste de nombreuses victimes ; …

Blandine LEJEUNE plaide régulièrement devant les tribunaux correctionnels et les cours d’assises dans la région des Hauts de France, et sur l’ensemble du territoire nationale.

 

Parralèlement à son activité pénale Blandine LEJEUNE a également développé une grande maitrise du contentieux familial et des litiges relatifs aux préjudices corporels.

 

Elle est l’auteure d’un essai autobiographique « Une femme parmis les hommes : profession, avocate pénaliste » et de trois polars, publiés chez Ravet-Anceau, dans la collection « Polars en Nord » : « Embrouilles lilloises » ,  « Dernier tango à Lille », « Scandaleuse ».

Matthieu Staelen

Matthieu STAELEN est titulaire d’un Master II Études Pénales et Criminelles.

 

Il intervient principalement au sein du cabinet en droit pénal général, droit pénal des affaires et droit pénal des mineurs.

 

Il assiste les auteurs et victimes d’infractions à tous les stades de la procédure pénale, de l’audition libre ou de la garde à vue, jusqu’aux juridictions de jugement.

 

Il assiste aux côtés de Maître Blandine LEJEUNE les auteurs ou les victimes d’infractions devant les juridictions pénales et principalement devant les cours d’assises.

Adèle Carré

Adèle CARRÉ est titulaire d’un Master II Études Pénales et Criminelles et d’un Certificat d’études pénales et criminelles de l’Institut de Criminologie de Lille.

 

Elle intervient principalement en droit pénal, droit de la famille, et dans les litiges relatifs aux préjudices corporels.

 

Elle assiste les auteurs et victimes d’infractions à tous les stades de la procédure pénale, de l’audition libre ou de la garde à vue jusqu’aux juridictions de jugement.

 

Elle assiste aux côtés de Maître Blandine LEJEUNE les victimes du début à la fin du processus d’indemnisation, les préparant et les accompagnant notamment aux expertises.

Nous contacter
* champs obligatoires

Cabinet
Blandine Lejeune

28, avenue du Peuple Belge
59000 Lille

03 20 06 65 75

06 80 13 10 46

Du Lundi au vendredi
de 8h30 à 12h30 et de 14h à 19h