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À peine libéré, l’homme poursuivi pour féminicide harcèle une nouvelle femme à Ronchin

06/10/2020

 

Une habitante de Ronchin vient de porter plainte. À peine libéré, Hocine Hamoudi, qui l’avait déjà importunée il y a deux ans, a tenté de forcer sa porte. Une récidive qui relance les interrogations suscitées par unelibération à mi-peine, quasiment sans contrainte, d’un homme réputé dangereux et dont le nom est déjà apparu dans un dossier de féminicide à Hazebrouck.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 28/04/2020, par Chantal DAVID

 

 

Comment la dangerosité d’Hocine Hamoudi a-t-elle pu échapper au juge d’application des peines lillois ? Les antécédents de violence, les troubles psychiatriques de cet homme de 32 ans, n’ont, semble-t-il, pas pesé dans un choix delibération conditionnelle, prévue par le code pénal lorsque le détenu a purgé plus de la moitié de sa peine.

 

Dans un précédent article publié dès le 24 avril (https://www.lavoixdunord.fr/745086/article/2020-04-24/un-roubaisien-accuse-dun-feminicide-hazebrouck-et-condamne-pour-violences), on s’étonnait de cette décision, pensant qu’au moins un bracelet électronique avait été imposé. Or, Hocine Hamoudi est sorti de prison le 20 avril avec un contrôle judiciaire très peu contraignant. Il doit respecter une obligation de soins et de formation, une abstinence au cannabis, l’obligation de répondre aux convocations du juge et deprévenir tout déplacement à l’étranger.

 

Autre décision incompréhensible : là où la première autorisation de conditionnelle le 2 avril, prévoyait une résidence à Paris, Hocine Hamoudi a obtenu, du même juge le16 avril, le droit d’habiter chez ses parents à Ronchin. Exactement dans la ville où habite sa précédente victime… En août 2018, il avait été condamné à trois ansd’emprisonnement par la cour d’appel de Douai pour violence conjugale. La jeune femme avait été mordue, brûlée au bras et avait eu le nez cassé. Hocine Hamoudi sera une nouvelle fois condamné en 2019 (https://www.lavoixdunord.fr/439217/article/2018-08-29/accuse-du-meurtre-de-sonex-compagne-un-roubaisien-condamne-quatre-ans-de-prison), cette fois pour desviolences sur un codétenu dont il avait ébouillanté la cuisse.

 

Un contrôle judiciaire peu contraignant

 

On pourrait cyniquement estimer que l’homme a une « bonne étoile judiciaire ». Une première bourde, cette fois au tribunal de Dunkerque en 2015, avait empêché sa détention provisoire dans un dossier de féminicide à Hazebrouck. (https://www.lavoixdunord.fr/436907/article/2018-08-24/la-famille-de-sandra-tueeen-2015-enfin-entendu-la-voix-du-meurtrier-presume)


Depuis quelques jours, après la divulgation de la libération d’Hocine Hamoudi, le parquet de Lille est sur les dents, après avoir réagi trop tard, pour être dans le délai d’appel, de la décision du juge.


De son côté, Hocine Hamoudi n’a pas tardé à recommencer. Arrivé à Ronchin lundi20 avril, à peine deux jours plus tard, il a tenté de forcer la porte d’une dame de saconnaissance. Une mère de famille qu’il avait déjà importunée, avant son incarcération, et qui avait dû faire intervenir un tiers pour être tranquille. Mercredi,Hocine Hamoudi est revenu à la charge. Quand elle lui a ouvert, il a tenté de l’embrasser dans le cou, de lui attraper les mains… Elle a eu toutes les peines à le chasser de chez elle. Puis il a multiplié les messages harcelants par sms. Elle ne s’est pas laissé faire, il a alors cessé d’écrire. Mais de temps en temps, il vient se poster devant chez elle. De préférence le soir.


«Cet homme est dangereux et va recommencer»

 

Pour le commissaire d’Hazebrouck, Thierry Courier, la remise en liberté d’Hocine Hamoudi représente un danger grave. Le chef des policiers d’Hazebrouck a longuement interrogé cet homme accusé du meurtre de Sandra Mazingue en 2015 : « Il ne conçoit le rapportaux femmes qu’avec violence, il est dangereux et je suis convaincuqu’il va recommencer».


La famille de Sandra est révoltée. Un courrier a été envoyé à la ministre de la Justice et à Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. « Il faut que les choses bougent , lance Jessy Helleputte, la soeur de la victime, il est dans la ville de sa dernière victime et sans bracelet ! » En pleurs, la jeune femme confie que la situation est « très dure à vivre ».

 

Depuis le meurtre de sa soeur, aucune date de procès n’a été donnée, l’instruction n’est pas close à cause d’une contre expertise psychiatrique que doit ordonner le parquet de Dunkerque. « Rien n’avance alors que nous espérions qu’il serait jugé pendant sa détention », ajoute Jessy.

 

Pour l’avocate de la famille, Blandine Lejeune, cette procédure estincompréhensible : « Plus de cinq années pour une instruction, c’est énorme ! »

 

 

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Blandine Lejeune

Avocate depuis 1987, Blandine LEJEUNE a acquis une solide experience dans la défense pénale des auteurs et victimes d’infractions.

Elle s’est très rapidement illustrée dans des dossiers sensibles et médiatiques tels que l’affaire Ida BEAUSSART dans laquelle elle a obtenu l’acquittement de cette jeune fille accusée du meutre de son père néonazi ; l’affaire d’Outreau ; l’affaire des frères JOURDAIN dans laquelle elle a assisté les quatre familles endeuillées suite au meurtre de leurs filles ; l’affaire dite du THEATRO ; l’affaire du BATACLAN dans laquelle elle assiste de nombreuses victimes ; …

Blandine LEJEUNE plaide régulièrement devant les tribunaux correctionnels et les cours d’assises dans la région des Hauts de France, et sur l’ensemble du territoire nationale.

 

Parralèlement à son activité pénale Blandine LEJEUNE a également développé une grande maitrise du contentieux familial et des litiges relatifs aux préjudices corporels.

 

Elle est l’auteure d’un essai autobiographique « Une femme parmis les hommes : profession, avocate pénaliste » et de trois polars, publiés chez Ravet-Anceau, dans la collection « Polars en Nord » : « Embrouilles lilloises » ,  « Dernier tango à Lille », « Scandaleuse ».

Matthieu Staelen

Matthieu STAELEN est titulaire d’un Master II Études Pénales et Criminelles.

 

Il intervient principalement au sein du cabinet en droit pénal général, droit pénal des affaires et droit pénal des mineurs.

 

Il assiste les auteurs et victimes d’infractions à tous les stades de la procédure pénale, de l’audition libre ou de la garde à vue, jusqu’aux juridictions de jugement.

 

Il assiste aux côtés de Maître Blandine LEJEUNE les auteurs ou les victimes d’infractions devant les juridictions pénales et principalement devant les cours d’assises.

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Adèle CARRÉ est titulaire d’un Master II Études Pénales et Criminelles et d’un Certificat d’études pénales et criminelles de l’Institut de Criminologie de Lille.

 

Elle intervient principalement en droit pénal, droit de la famille, et dans les litiges relatifs aux préjudices corporels.

 

Elle assiste les auteurs et victimes d’infractions à tous les stades de la procédure pénale, de l’audition libre ou de la garde à vue jusqu’aux juridictions de jugement.

 

Elle assiste aux côtés de Maître Blandine LEJEUNE les victimes du début à la fin du processus d’indemnisation, les préparant et les accompagnant notamment aux expertises.

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