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Harcèlement sexuel dans la police, dix mois avec sursis requis contre l’accusé

06/07/2018

 

Après plus de quatre heures d’audience au tribunal de Béthune, la décision sur l’affaire de harcèlement sexuel dans la police a été mise en délibéré au 26 juillet. Le procureur a requis dix mois avec sursis contre le policier qui a été accusé par ses deux collègues.

ARTICLE PARU DANS LA VOIX DU NORD, le 05/07/2018, par Sophie Filippi-Paoli

 

 

Il hésite, se contredit parfois : oui, finalement, une femme lui a déjà dit stop, c’est vrai mais ils s’entendaient bien. De toute façon, lui, il ne comprend pas ce qu’il fait là, il voulait juste rigoler et, «  mettre l’ambiance  ». L’audience au tribunal de Béthune a duré plus de quatre heures et, pourtant, il est difficile de savoir ce que pense vraiment ce gardien de la paix de 49 ans, d’une carrure imposante mis en cause par ses deux collègues pour harcèlement sexuel.Certes, il reconnaît certains propos mais nie avoir eu tout comportement déplacé.

 

On est en 2016, dans le bureau détaché du commissariat de Douai. L’une des plaignantes, qui a déjà témoigné dans la Voix du Nord, est cheffe de bureau et raconte des propos salaces  : «  Je vais te la claquer sur le bureau  », des comportements déplacés  : «  Il a dégrafé son pantalon  », et une photo obscène reçue sur son téléphone. L’autre victime, une adjointe de sécurité dans la vingtaine, se dit «  écœurée par le monde de la police  » et rapporte le même genre de phrases et de comportements. Tout comme la femme de ménage du bureau qui n’a pas voulu porter plainte mais était présente à l’audience pour soutenir les policières. Les deux collègues masculins font, eux, état dans leurs dépositions de commentaires « souvent vulgaires  ».

 

« Son comportement a été obscène, dégradant, humiliant »

 

Et, comme l’a rappelé Me Lejeune leur conseil, l’actuel arrêt maladie des deux plaignantes a été jugé imputable au service. «  Son comportement a été obscène, dégradant, humiliant, a martelé l’avocate lors de sa plaidoirie. «  Et le dépôt de plainte pour ces deux femmes a été un parcours du combattant. C’est dur de parler lorsqu’on est dans la police.  »

 

Pour Me Spebrouck, avocate de la défense, les comportements déplacés de l’accusé n’ont jamais eu de témoin direct : «  C’est sa parole contre la leur.  » Et si les témoignages du bureau détaché sont accablants, ceux du commissariat de Douai, où le policier a travaillé, sont à décharge. «  On parle de quelqu’un de rigolo, qui est un bon collègue, fournit un travail exemplaire et aucune femme ne s’est plainte de lui. Il faut faire la part des choses, mon client ne doit pas servir d’exemple.  » La procureure, elle, a estimé que l’on était bien dans une infraction pénale et a requis dix mois avec sursis. 

 

 

Le jugement a été mis en délibéré au 26 juillet.

 

 

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